Compte-rendu de la convention européenne du MoDem du 29 mars 2009.

Avec la participation notamment de :
Et des candidats du Mouvement Démocrate aux élections européennes :
Marielle de SARNEZ, Corinne LEPAGE, Jean-François KAHN, Robert ROCHEFORT, Jean-Luc BENNAHMIAS, Sylvie GOULARD, Bernard LEHIDEUX, Nathalie GRIESBECK.
A titre liminaire on peut s’accorder sur le niveau élevé des débats de cette matinée. Les intervenants plus passionnés les uns que les autres, nous ont exposés avec clairvoyance les dysfonctionnements de notre société et leurs conséquences sur notre économie. Dans une deuxième partie des solutions ont été proposées pour lutter contre la crise économique et financières avec en fil rouge : l’Europe au cœur des nos réflexions.
La première table ronde a été marquée par l’intervention de Colette Neuville. La fondatrice de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM) nous expose dans un premier temps que la dérive est engendrée par des managers mercenaires, obnubilés par le cours de l’action et critique notamment les décisions stratégiques des grands groupes qui sont désormais guidées et téléguidées par les intérêts des banques d’affaires. Ces nouveaux acteurs de l’économie sacrifient l’avenir pour s’enrichir au présent.
Dans un second temps, elle pointe du doigt le fonctionnement pervers des entreprises de marché, les bourses, qui se rémunèrent sur le volume des échanges, sans se soucier outre mesure des tendances à la hausse ou à la baisse. Le marché devient une fin en soi, et non plus une façon d’adapter l’offre et la demande.
Philippe Dessertine, Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches sur les Organisations et la Stratégie (CEROS) à l’université de Paris X et de l’Institut de haute finance (IHFI), défend l’idée selon laquelle la crise correspond à un surcroit d’endettement privé et public. La publicité, et notre société de consommation ont encouragé les crédits privés. La transparence est le maitre mot de son discours.
Robert Rochefort directeur du CREDOC, Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (et candidat aux européennes), nous signale un récent sondage dans les Échos des plus stupéfiant : 80% des personnes interrogées ont une opinion négative de la bourse, mais beaucoup plus étonnant, 85% des chefs d’entreprise pensent exactement la même chose
La deuxième table ronde a abordé les solutions concrètes pour lutter contre la crise financière et économique.
Jean-Baptiste de Foucauld, Ancien commissaire au plan, chargé de plusieurs rapports publics, à tenu le discours des plus passionnant. Il introduit ces propos en rappelant que nous rêvons du modèle suédois sans le civisme suédois, avec l’individualisme français et les impôts des américains. Notre société est malade car elle souffre d’un accès de désir. La société engendre plus de désirs qu’elle ne peut en satisfaire.
Trois mots doivent guider notre réflexion : sobriété, justice et créativité.
Sobriété c’est choisir entre l’essentiel et le superflu, mais la sobriété c’est également choisir l’organisation de son temps de vie, travailler plus ou choisir de travailler moins bref établir un parcours personnalisé. La créativité c’est innover dans la redistribution, avec un impôt européen sur les sociétés et budget européen. Mais Jean Batiste de Foucauld insiste également sur la nécessité de retrouver le sens de l’entraide. La démocratie a cru qu’elle pouvait se réaliser par l’économie, mais elle doit retrouver ses propres valeurs. C’est la fin d’une conception individualiste et utilitariste du bonheur. Une société où chacun devrait pouvoir accéder à l’essentiel. Dans une république laïque, il explore les relations entre démocratie et spiritualité. Il n’y a plus de démocratie par le salut économique.
Maria Nowak, économiste, présidente de l’Association pour le droit à l’initiative économique, spécialiste du microcrédit constate quant à elle un dysfonctionnement entre le capital et le travail. Ainsi il faut recréer le tissu d’activité et rappelle que 40% des créateurs d’entreprises sont issus du chômage. Le taux de perte du micro crédit est < à 3% et ainsi 80% sortent des diapositifs d’aides.
Cependant l’ouverture d’une ligne de crédit au sein de la banque européenne d’investissement doit faire face aux lourdeurs bureaucratiques européennes et se trouve donc retardée.
En conclusion nous disposons de l’opportunité de revoir le modèle économique, il faut retrouver la confiance. L’outil de cette confiance est le crédit, le crédit en tant que créateur de richesse. Ce n’est pas seulement un bien privé mais également public.
Corinne Lepage nous interpelle par la question suivante, voulons nous mettre en place des solutions pour revenir au monde antérieur ou veut on changer de monde ? Les outils macro économique et micro économique existe et sont à notre disposition. Prôner le développement durable, c’est affirmer l’interdépendance du social, de l’économique et de l’environnemental. Pour changer le système, il faut changer le rapport de force et donc lutter contre la régression démocratique.
Jean-François Kahn a dénoncé le terrorisme intellectuel, qui nous pousse en tant que citoyen à se poser les mauvaises questions. Notre raisonnement est actuellement fondé sur la modernité et non sur la justice et la morale. Nous sommes nous demandé « cela est il juste, morale fiable» ? La réponse est négative ? ces dernières années nous sommes focalisés sur ce qui est moderne ou non, encouragé par la publicité.
Ainsi il est aujourd’hui temps de revenir à la pensée Keynésienne et il est opportun de se demander comment justifier les inégalités des revenus : quelle idée faut-il avoir de soi-même pour estimer que mon travail vaut 600 fois le travail du salarié de base de mon entreprise ? Ces types sont fous ! Et il ajoute : et avec leurs semblables, ils nous gouvernent !
Ces débats ont été alimentés par de nombreuses questions de la salle, je souligne également la pertinence de l’intervention de Pascal, militant du Modem 12, dont la réflexion a été remarquée et reprise par François Bayrou dans son discours !
Géraldine